LES ACCORDS DU 23 MARS 2009 : LA PAIX SIGNÉE, LA GUERRE REPORTÉE ?
- Fungula Marguerite
- 11 mars
- 2 min de lecture
En 2009, l’Est du Congo est en feu. Depuis des années, une rébellion menée par un groupe armé appelé CNDP (Congrès National pour la Défense du Peuple) déstabilise la région du Kivu. Ce mouvement, dirigé par Laurent Nkunda, prétend défendre la minorité tutsi congolaise et combat l’armée nationale. Mais derrière cette guerre se cache une réalité plus complexe : le Rwanda est accusé de soutenir discrètement ces rebelles, et la RDC peine à reprendre le contrôle de son propre territoire.
Un accord pour tourner la page
Face à cette crise, le gouvernement congolais décide de négocier. Le 23 mars 2009, il signe un accord avec le CNDP pour mettre fin aux combats. Sur le papier, c’est un tournant : les rebelles doivent déposer les armes et rejoindre l’armée régulière. En échange, ils obtiennent l’amnistie et la possibilité de devenir un parti politique.
L’idée est simple : intégrer ces combattants pour qu’ils ne soient plus une menace. Mais un accord signé suffit-il à effacer des années de méfiance et de violence ?
Une intégration inachevée
Après la signature, le CNDP change officiellement de visage : fini la rébellion, place à la politique. Mais en réalité, l’intégration ne se passe pas comme prévu. Ses anciens soldats rejoignent l’armée congolaise, mais restent unis entre eux, obéissant plus à leurs anciens chefs qu’au gouvernement. L’État pense avoir trouvé une solution, mais en vérité, il a seulement déplacé le problème.
Pendant ce temps, Laurent Nkunda est arrêté par le Rwanda, qui cherche à calmer les tensions. Il est remplacé par Bosco Ntaganda, un autre chef de guerre redouté. L’équilibre est fragile, et l’accalmie ne dure pas.
La rébellion renaît
En 2012, une partie des ex-rebelles affirme que le gouvernement congolais n’a pas respecté ses promesses. Ils reprennent les armes sous un nouveau nom : le M23. Ce choix de nom n’est pas anodin : il fait référence à l’accord du 23 mars 2009, comme pour dire au monde que Kinshasa a trahi sa parole.
En quelques mois, le M23 s’impose comme une force redoutable. En novembre 2012, il s’empare de Goma, une ville stratégique. C’est une humiliation pour le gouvernement congolais. Une fois encore, le Rwanda est accusé de soutenir ces rebelles, ce qui envenime encore plus la crise.
Un accord, mais pour quelle paix ?
L’histoire semble se répéter. Ce qui devait être une solution est devenu un nouveau problème. Les accords du 23 mars 2009 avaient-ils réellement pour but de ramener la paix, ou étaient-ils un simple arrangement temporaire pour calmer la situation ?
Aujourd’hui, plus de dix ans après leur signature, le M23 est toujours actif. L’Est du Congo reste une zone de conflits. Le Rwanda et la RDC s’accusent mutuellement, et la population continue de souffrir.
Alors, faut-il voir ces accords comme un espoir déçu ? Ont-ils été une erreur ou la seule solution possible à l’époque ? Et surtout, peut-on vraiment faire la paix avec ceux qui ont pris les armes contre leur propre pays ?
C’est une question que l’histoire n’a pas encore tranchée.
コメント